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Action Antifasciste » Lettre d’info #1 – 1/12/11

Lettre d’info #1 – 1/12/11

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Action Antifasciste.
Lettre d'info #1 – 1/12/2011

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Pour toute demande de renseignement ou autre, contactez directement un groupe de l'Action Antifasciste.]

Monte ton groupe autonome antifa!
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Resistance de la culture métissée et populaire!

http://actionantifasciste.fr/

//Sommaire:

[communiqués]
1/
Les antifascistes ukrainiens de Dnepropetrovsk annoncent la mort de Mikhail Norokha, antifasciste de 17 ans.

2/
La Licra dénonce des "faits de racisme" après le match Metz-Amiens vendredi 25/11/11.

[rassemblement/concert]
1/
Rassemblements et concerts antifas à l'occasion du procès du Front Comptois, les 3, 7 et 8 décembre 2011.

[infos]
1/
Les identitaires du groupe Rebeyne organisent une marche à Lyon le 8 décembre [21h Place Saint-Paul]

2/
Houria Bouteldja, porte parole du PIR, Parti des Indigènes de la République serait poursuivie pour racisme et jugée le 14 décembre prochain.

3/
L'édition de décembre 2011 du journal du CNRS publie un dossier "Aux origines du racisme".

[actu. France]
1/
Un article de Rue 89 à propos de "Bloc", un polar qui raconte la vie de fascistes.

2/
Une interview sur lemonde.fr de Lilian Thuram à propos de son expo "Exhibitions, l'invention du sauvage" au musée du quai Branly à Paris.

3/
Compte rendue de la marche de nuit non-mixte de Lyon, le samedi 26 novembre sur Rebellyon.info

[actu. Angletterre]
1/
Une vidéo d'une jeune femmes proférant des insultes racistes dans le tramway en banlieue de Londres fait scandale.

[actu. Belgique]
1/
Un article de myeurope.info à propos d'une mobilisation fasciste contre un marche blanche à Liège [+ interview des fascistes].

[actu. Genève]
1/
Résumé de la manifestation antifasciste sauvage à Genève du Vendredi 25 novembre 2011.

[actu. Allemagne]
1/
Un article de Courrier International à propos du groupe néo-nazi allemand découvert récemment.

2/
Un article de Courrier International sur les rapports entre le groupe néo-nazi et le NPD.

3/
Une revue de presse de Courrier International à propos de ce groupe néo-nazi.

[actu. monde]
1/
lefigaro.fr : L'appli «Juif ou pas juif» retirée dans le monde entier.

fin du sommaire//.

[communiqués]

1/
[traduction] Un antifasciste assassiné à Dnepropetrovsk en Ukraine.

Le 18 novembre 2011, Mikhail Norokha antifasciste de 17 ans a été tué à Dnepropetrovsk en Ukraine. Son corps a été retrouvé à 8 m d’un immeuble abandonné de 16 étages. Il est mort des suites de multiples fractures et d'une hémorragie interne du fait d'une chute. Bien qu'il soit tombé sur son dos, son nez était cassé et il avait également des égratignures sur le visage. Il y avait également des traces de gazzeuse sur ses vêtements et son blouson était déchiré, ce qui est une preuve supplémentaire que ce n'était pas une suicide. Aussi Mikhail avait son téléphone portable, ses papiers et son argent sur lui, les assassins ne lui ont rien pris.

Mikhail a souvent été agressé par les nazis dans le passé. Il a été poignardé à deux reprises au cours des deux dernières années. Toutefois, il n'avait jamais peur de personne et il se levait toujours pour défendre ses opinions, quand quelqu'un avait des désaccords. Bien qu'il ait souvent eu des difficultés à proximité du stade de football local, il a continué de soutenir de son club favori.

Mikhail travaillait comme assistant pour un prêtre. Actuellement la police enquête sur l'affaire. Il n'y a aucune preuve au sujet des assassins, mais les antifascistes de Dnepropetrovsk en sont certains, cette tragédie a été causée par les nazis. Nous faisons tout notre possible, afin de découvir la vérité, et pour punir les auteurs.

Repose en paix, frère.
Anti-fascists of Dneproppetrovsk

[original] Anti-fascist murdered in Dnepropetrovsk, Ukraine
Fri, 25/11/2011

18th of November 2011, 17-year old anti-fascist Mikhail Norokha was murdered in Dnepropetrovsk of Ukraine. His body was found 8 meters from an abandonded, 16 floor house. He deceased due to multiple fractures and internal bleeding, which resulted from a falling. Although he falled to his back, his nose was broken and he also had scratches in his face. Also, there were remains of pepper gas in his clothes, and his coat was torn, which is additional proof that this was not a suicide. Also, Mikhail had his mobile phone, documents and money left with him – murderers took nothing from him.

Mikhail was assaulted by Nazis oftentimes in the past. He has been stabbed twice during the last couple of years. However, he was never afraid of anyone and he was always standing up for his opinions, in case someone had disagreements. Although he was often in a trouble in vicinity of the local football stadium, he kept supporting his favorite club.

 Mikhail worked as an assistant of a priest. Currently police is investigating the case. There is no any evidence about the murderers, but anti-fascists of Dnepropetrovsk are certain, that this tragedy was caused by Nazis. We are making everything we can, in order to find out the truth, and to punish theperpetrators.

Rest in peace, brother
Anti-fascists of Dneproppetrovsk

2/

"Football – Ligue 2 : La LICRA dénonce des faits de racisme lors du match FC Metz-Amiens SC

La bagarre générale qui a éclaté à la fin de la rencontre de Ligue 2 entre le FC Metz et l’Amiens SC vendredi dernier aurait été le théâtre de manifestations racistes d’après les témoignages recueillis par la LICRA.
Suite à l’ouverture de l’enquête, la LICRA demande à la Ligue de Football Professionnel (LFP) que toute la lumière soit faite sur ces agissements intolérables et attend une réaction officielle de la part des deux clubs.

Elle se montrera particulièrement vigilante quant aux suites disciplinaires et judiciaires données à ces violences.

Contact presse Delphine Auffret : t+33(0)1 45 08 08 08 | p.+33( )786 62 92 09 | dauffret@licra.org"

[rassemblement/concert]
1/
Rassemblements et concerts antifas à l'occasion du procès du Front Comptois, les 3, 7 et 8 décembre 2011.

SAMEDI 3 DECEMBRE, 14H : RASSEMBLEMENT ANTIFA à BESANCON [esplanade des droits de l’homme (place de la mairie)]

MERCREDI 7 DECEMBRE, 19H30 : CONCERT ANTIRACISTE AUDINCOURT [salle des 3 oranges]

JEUDI 8 DECEMBRE, 9H : RASSEMBLEMENT ANTIFA à MONTBELIARD [devant le TGI, ZUP de la petite hollande]

Le tract commun CNT – FA – SCALP – Libertaires :

"Fascistes du Front comtois / Etat réactionnaire : Même combat !

Ce Jeudi 8 Décembre 2011 se tient le procès du Front Comtois, groupuscule de la frange la plus dure de l’extrême-droite. Cette organisation fasciste comparaît pour des textes négationnistes et des affiches à caractère raciste. Des associations de la gauche institutionnelle dont SOS Racisme ont déposé plainte contre elle. Nous ne sommes pas venu ici apporter notre soutien à cette plainte. Celle-ci entraînera, au maximum, la dissolution du Front Comtois qui se reformera sous un autre nom. Nous sommes venu.e.s dire que, malgré quelques procédures judiciaires, l’État est complice de la montée du fascisme et du racisme en France : il montre l’exemple. Ainsi, ce sont suppressions d’aides sociales aux parents immigré.e.s, rafles et expulsions de sans-papiers et de Roms qui sont autant d’encouragements donnés à ces groupuscules.

L’extrême-droite a toujours tenu des discours sociaux et populistes, discours avec lesquels elle renoue vigoureusement en cette période de crise. Mais dans les faits elle a toujours appliqué une politique économique défendant les intérêts des plus riches, tout comme le font nos gouvernants actuels. Méfions-nous, l’extrême-droite sait tirer profit de cette période réactionnaire : elle se visibilise et va jusqu’à agresser physiquement et ouvertement des personnes de certaine couleur et des militant.es politiques, notamment à Lyon où celle-ci agit sous l’impunité policière et dernièrement dans le Nord où elle s’en est pris à des militant.e.s.

Peu importe cette décision de justice, il s’agit dès maintenant de s’organiser de manière durable et concrète contre le fascisme. Celui-ci est impulsé par le capitalisme, le patronat et l’État ayant tout intérêt à diviser les travailleur.euse.s et la population. Les luttes sociales doivent être vigilantes face aux corruptions et aux exactions fascistes qui tentent de s’infiltrer pour casser toute organisation populaire et tout mouvement social.

Soyons vigilant.e.s, Militons ensemble ! Ne réécrivons pas les mêmes horreurs de l’Histoire, ne laissons pas passer le fascisme !!!"

[info]

1/
Les identitaires du groupe Rebeyne organisent une marche à Lyon le 8 décembre [21h Place Saint-Paul].
Cette marche fasciste du 8 décembre, qui à lieu pour la quatrième fois, a pour but de célebrer "le culte de Marie" et cela est d'après eux "l’un des piliers de l’identité lyonnaise."

Ici un article de rebellyon à ce sujet:
http://rebellyon.info/Les-fachos-identitaires-dans-la.html

2/

D'après le Post.fr, Houria Bouteldja, porte parole du PIR, Parti des Indigènes de la République" serait poursuivie pour racisme et jugée le 14 décembre prochain.

Il lui serait reproché l'utilisation de l'expression "sous chiens" pour qualifié les "français de souche".
Elle se défendrait en affirmant que ce n'était qu'un néologisme humoristique "souchien" dérivé du mot "souche".

Voici la phrase entière:
« c'est le reste de la société occidentale… enfin de ce qu'on
appelle, nous, les "souchiens" — parce qu'il faut bien leur donner
un nom —, les "blancs", à qui il faut inculquer l'histoire de
l'esclavage, de la colonisation… [...] la question de l'identité
nationale, elle doit être partagée par tout le monde et c'est là
qu'il y a un déficit de connaissances. »

Source:
http://www.lepost.fr/article/2011/11/30/2650422_une-porte-parole-
antiraciste-est-condamnee-pour-racisme-anti-francais.html

3/
L'édition de décembre 2011 du journal du CNRS publie un dossier "Aux origines du racisme".

Télécharger le journal [4Mo] :
http://www.cnrs.fr/fr/pdf/jdc/JDC263.pdf

Voici la présentation:
Entre 1870 et 1940, plus d'un milliard de visiteurs se rendent dans
des zoos pour y observer… des êtres humains : Sénégalais, Nubiens,
Lapons, Coréens, Amérindiens, etc. Un spectacle de masse sur lequel
revient une exposition du musée du quai Branly dont le CNRS est
partenaire. A cette occasion, l'enquête de ce numéro s'attarde sur
les origines du racisme et sur ses nouveaux visages : aujourd'hui,
les différences de culture suscitent autant de rejet que celles de
couleur de peau. Commissaire de l'exposition,  Lilian Thuram nous
livre sa vision du sujet et nous parle de sa fondation pour
l'éducation contre le racisme.

Nous avons également rencontré le biologiste Jules Hoffmann avant
un mois de décembre qui le verra recevoir le prix Nobel puis la
médaille d'or du CNRS. L'occasion de revenir sur son parcours hors
du commun et ses travaux qui ont révolutionné les connaissances sur
le système immunitaire.[actu. France]

1/
Sur rue89.com [vidéos sur le site] :
http://www.rue89.com/2011/11/28/le-bloc-un-polar-qui-se-risque-dans-la-peau-de-fascistes-226895

« Le Bloc », un polar qui se risque dans la peau de fascistes

Paru en début d'automne, le roman “Le Bloc” fait débat, tout en
étant symptomatique d'un changement de braquet du polar français.
Ce roman marque l'entrée dans la prestigieuse Série noire de
Gallimard de Jérôme Leroy, écrivain de gauche (il eut sa carte au
PC) dont certaines inspirations sont à rechercher chez les Hussards
(conservateurs) autant que chez Philip K. Dick et Frédéric Fajardie.

La majeure partie de son œuvre est constituée de romans
d'anticipation, parmi les meilleures fictions sur le chaos libéral
présent et à venir.

“Le Bloc” débute par cette phrase :

    “Finalement, tu es devenu fasciste à cause du sexe d'une fille.”

Les narrateurs et héros du livre sont deux militants d'extrême
droite. L'un d'entre eux est d'origine ouvrière et communiste. Le
second fait partie de cette ancienne gauche réactionnaire qui est
passée au FN. Les deux dessinent l'histoire de l'extrême droite
nationaliste depuis 25 ans, comme le raconte l'auteur dans ce
“teaser”.
Le polar français victime du complexe Ellroy

De Jean-Marie Le Pen qui recolle entre elles les différentes
familles de l'extrême droite en 1972 à la prise de pouvoir par sa
fille Marine, en passant par la scission de 1999, les morts de
Poulet-Dachary ou Stribois et les mouvements skinheads, toute
l'histoire du Front national est dans “Le Bloc”. Evénement par
événement.

Les noms sont remplacés (les Le Pen deviennent les Dorgelles, la
composition de la famille est légèrement modifiée), mais tout y est.

“Le Bloc” est donc un roman historique à clés, qui pointe la crise
d'identité politique de la France depuis trente ans ; mais c'est
aussi une course contre la montre implacable (le livre se déroule
en un jour et une nuit).

Malgré un traitement intelligent et un scénario impeccable,
l'auteur tombe pourtant dans le même piège que bien d'autres polars
politiques français : le complexe d'“ellroyisation”.

L'Américian James Ellroy est devenu, à juste titre, le modèle des
romanciers voulant se saisir d'une affaire d'Etat. Mais les
législations américaines et française divergent (en France, on ne
peut mettre les vrais noms des protagonistes sans risquer le procès
; aux Etats-Unis, si). Et la langue et la psyché américaines ne
prennent pas de gants, mais un scalpel. Cependant qu'en France, la
tradition littéraire est faite de détours et de métaphores, ce qui
diminue la puissance lorsqu'il s'agit de traiter le réel.
Un héros facho

Pour autant, ce roman témoigne aussi d'un changement dans le polar
français. Né du roman noir post-1929 de Dashiell Hammett et Raymond
Chandler, le néo-polar (dont le pape était Manchette) était social
et antifasciste. Une tradition poursuivie dans les années 90 par
Izzo, Le Poulpe, Quadruppani, etc.

L'évolution de la militance, les mouvements sociaux et la
disparition des frontières entre les partis ont fait évoluer le
polar français. Et pour comprendre le fascisme, le polar se risque
dorénavant à l'empathie. C'est ce qui, dans “Le Bloc”, a séduit
Aurélien Masson, qui préside à la Série noire depuis 2004.
De l'anti à l'empathie

Le néo-polar refusait de se mettre dans la peau des fascistes pour
ne se mettre du côté que des “ justes ”. Seul Manchette se risquait
à camper des anciens légionnaires. Pour Jérôme Leroy :

    “Ce tabou est profondément ridicule. Faut-il avoir peur de je
ne sais quel politiquement correct ou prendre son lecteur pour un
idiot pour reculer devant ce défi ? L'auteur n'est pas le
narrateur, doit-on rappeler cette évidence ?

    Doit-on rappeler aussi que l'empathie nécessaire
méthodologiquement n'est pas de la sympathie ? Manchette, celui de
‘L'Affaire N'Gustro’ notamment, avait déjà répondu à cette question
il y a… quarante ans ! ”

Pour Aurélien Masson, il s'agit pourtant d'“un continuum du néo-
polar” :

    “Jérôme Leroy parle aussi du délitement individuel, accompagné
de celui des structures qui nous tiennent. […]. On reste dans le
roman critique et perturbant. C'est le livre antifasciste du
moment.”

Si “Le Bloc” n'est pas un roman parfait, son auteur a le mérite de
s'être hissé à la hauteur du défi qu'il s'était imposé : se mettre
dans la peau de deux fascistes. En cela, “Le Bloc” ouvre une
nouvelle voie au polar français, celle de l'après-Poulpe.

2/
Article paru dans l'édition du Monde du 29.11.11 :

"Le racisme, un conditionnement"

Ex-star du football, Lilian Thuram est le co-commissaire (avec
Pascal Blanchard et Nanette Jacomijn Snoep) d'"Exhibitions,
l'invention du sauvage", présentée au Musée du quai Branly à Paris
à partir du lundi 28 novembre. Né à Pointe-à-Pitre en 1972, le
défenseur de l'équipe de France a pris sa retraite sportive en 2008
et a créé la Fondation Lilian Thuram, éducation pour le racisme.
"Exhibitions" est née du livre coordonné par l'historien Pascal
Blanchard, Zoos humains : au temps des exhibitions humaines, paru
en 2002 (Ed. La Découverte). Il révélait un monde de vitrines
ethnologiques, de monstres prétextes à la science, de négresses à
plateaux, danseuses japonaises, indiens à plumes, hommes lions et
nègres pie.

Pourquoi montrer une exposition qui justement condamne l'exhibition
?

Ce qui m'intéresse, c'est la manière dont nos regards se sont
formés, comment a été déterminée cette hiérarchie de l'humanité.
Comment a-t-on imaginé que la race noire était le chaînon manquant
entre l'homme et le singe ? Ce racisme "scientifique" a fini par
atteindre la masse. Si demain des hommes de science nous montraient
des petits hommes verts au Jardin d'acclimatation, nous irions
voir. Mais irions-nous avec un préjugé négatif ? En nous sentant
supérieurs ? Il y a beaucoup d'idées fausses et quotidiennes. On
parle ainsi de communauté noire, ce qui n'existe pas. De minorité
visible et l'invisible, elle est blanche ? Cela témoigne d'un
inconscient collectif où tous les Noirs sont pareils.

Comment en avez-vous eu l'idée ?

En 2002, je jouais au FC Barcelone et Pascal Blanchard est venu
donner une conférence sur les zoos humains, d'après le livre qu'il
avait publié. J'ai été soulagé : je comprenais enfin le mécanisme
du racisme, la façon dont se sont formés les imaginaires du
sauvage. Cette exposition est la troisième action de ma fondation,
la première ayant été la publication de Mes étoiles noires, de Lucy
à Barak Obama. La deuxième action a visé les élèves d'écoles
élémentaires. Avec "Exhibitions", je ne veux ni victimiser, ni
culpabiliser, mais montrer que nous avons été conditionnés de
génération en génération à des croyances sans fondement. Pour cela,
il faut se mettre à distance pour mieux comprendre. Se décentrer.

Comment pouvaient-ils accepter d'être ainsi montrés ?

D'abord, pour eux, le voyage était hors du réel. Les Amérindiens
qui arrivent du Brésil à Rouen en 1550 ont un regard identique à
celui de Christophe Colomb posant pour la première fois le pied aux
Amériques. Après, il y a une extrême complexité des cas, de la
naïveté, parfois de la complicité, des contrats signés par les
exhibés, mais aussi des Lapons kidnappés, des mises en esclavage,
comme ce fut le cas pour la Vénus hottentote. Il y a aussi des
mascarades, où les Européens se griment en Amérindiens, par exemple.

D'autres sont innocents ou malades, comme ce "What is it ?", un
Afro-Américain montré chez Barnum en 1860, un an après la
publication De l'origine des espèces de Darwin, et qui sera à la
fois un objet de distraction et un objet d'études scientifiques -
on le présentera comme le chaînon manquant entre l'homme et l'orang-
outang. Il souffrait d'une microcéphalie. Il jouera à l'homme singe
jusque dans les années 1920.

Mais nous avons aussi des Alsaciens exhibés (en 1909). Cela donne à
réfléchir. Il y a des humanités plus légitimes que d'autres, des
peuples minoritaires ou parias dans chaque pays, écrasés par la
norme dominante. On a du mal à le croire aujourd'hui, mais
l'arrière-grand-père de Christian Karembeu a été montré dans une
cage comme cannibale au Jardin d'acclimatation en 1931 ; en 1994,
il y a un "Village bamboula" à Nantes, installé dans un parc
zoologique, on y exhibe des Ivoiriens, en partenariat avec les
galettes Saint-Michel.

Peut-il y avoir mise à distance ?

L'honnêteté est de s'avouer à soi-même ses propres préjugés, les
dépasser en les comprenant. Si on dit à un enfant qu'il n'est bon à
rien, il grandit ainsi ; que les Noirs courent vite, ils finissent
par s'en persuader. De même on laisse croire aux femmes qu'elles
sont inférieures. Le sexisme est le début de tous les préjugés, "la
matrice de tous les autres régimes d'inégalité, une question
éminemment politique", a dit l'ethnologue Françoise Héritier.

En quoi êtes-vous personnellement concerné ?

C'est l'histoire de ma vie. Je suis arrivé à 9 ans en métropole. La
couleur de ma peau posait problème. J'ai compris que le racisme
était une construction intellectuelle, un conditionnement. Mon
grand-père est né en 1908, l'esclavage (aboli en 1848) a laissé des
traces, une coupure dans l'histoire des Antilles. Le colonialisme
cherchait à obtenir des matières premières à bas prix, et a
construit l'idée d'une race inférieure pour mieux en tirer profit.
Cela continue. Qu'un homme aussi important que Nicolas Sarkozy,
président d'un pays aussi important que la France, tienne un
discours humiliant à Dakar dans l'université Cheikh-Anta-Diop, le
plus grand historien africain, c'est terrible. Vous n'échappez pas
à votre conditionnement, que vous soyez simple citoyen ou président.

Vous aimez l'art contemporain, vous le collectionnez ?

Non. J'achète des oeuvres que j'aime, de Bruce Clark, de Chéri
Samba. Pour "Exhibitions", j'ai voulu introduire le contemporain,
en faisant appel à Vincent Elka (pionnier du graffiti français) qui
clôt l'exposition. Le rôle des musées est de faire le lien entre le
passé et le présent, afin d'apprendre à connaître la société.
Propos recueillis par Véronique Mortaigne

3/
Sur rebellyon.info [photos et vidéo sur le site] :
http://rebellyon.info/Fortes-solidaires-et-en-colere.html

"Fortes, solidaires et en colère : dans la rue contre les violences sexistes
Publié le 27 novembre

Suite à l’appel à une marche de nuit non-mixte contre les violences sexistes, c’est environ 300 personnes, des nanas et des trans, qui ont manifesté de la place de la Guillotière aux pentes de la Croix-Rousse, en passant par St Jean et Terreaux. Une manifestation dynamique, résolument offensive, que n’ont freiné ni les remarques sexistes, ni les provocations fascistes.
Les nuits, les rues sont à nous !

La rue nous appar­tient

Départ de la manif place du pont, à la Guillotière.
A vu de nez, 200 à 300 meufs, goui­nes et trans. Pas de partis, ni de syn­di­cats, juste des per­son­nes qui ont la rage et qui en ont marre des vio­len­ces patriar­ca­les.
Après quel­ques consi­gnes de sécu­rité (à signa­ler que la manif n’a pas voulu de ser­vice d’ordre), on se dirige sur Bellecour, puis Saint-Jean, Terreaux et enfin place Colbert, malgré une pré­sence poli­cière visi­ble, en mode pro­tec­trice.
Patriarcat, quand tu nous tiens…
Les pre­miers fumi­gè­nes cra­quent sur le pont de la Guill’, direc­tion Bellecour. Halte chan­tante à Bellecour sous les yeux éberlués des tou­ris­tes et des fêtard-e-s, preuve si il y en avait besoin que des meufs, goui­nes et trans qui occu­pent l’espace public, bruyam­ment, visi­ble­ment, dans une société où nous sommes habi­tuel­le­ment invi­si­bles, ça choque et ça inter­pelle.
Les chan­sons et les slo­gans fusent, du genre « non-mixité, nous fait pas chier », ou « les nuits, les rues, sont à nous ».

« Saint-Jean est à nous »

Arrivée sur Saint jean… Et ouais, une manif non-mixte qui passe par Saint-Jean, ça a de la gueule !
Les fumis cra­quent autour de la ban­de­role de tête à notre arri­vée, on ne passe pas ina­perçu ! Entrée rageuse, à la lumière des fumis avec le tra­di­tion­nel « fachos, cathos, vous nous cassez le clito… ». La ten­sion monte d’un cran au vu des fafs qui rodent un peu par­tout. Arrivée triom­phale devant la cathé­drale où nous n’avions pas pu remet­tre les pieds depuis les affron­te­ments du kiss-in LGBT.
Deux mecs font les relous, et essayent d’entrer dans le cor­tège en se fou­tant de la gueule des mani­fes­tant-e-s. Mais ils par­tent en cou­rant se réfu­gier der­rière les flics quand on les jette du cor­tège à 50. C’est sûr, cette nuit, ensem­ble, nous sommes invin­ci­bles !
Alors on a fait le tour de la place dans une espèce d’eupho­rie triom­phante en hur­lant « St Jean est à nous » ! Dans le contexte lyon­nais actuel, ça a d’autant plus de force. Et de fait, c’est nous qui occu­pons « leur » place !
Puis, on reprend les quais de Saône, direc­tion Terreaux.

« Femmes voi­lées, femmes exhi­bées, soli­da­rité ! »

Là, une dizaine de fafs nous atten­dent, der­rière les quel­ques keufs qui sui­vent la manif depuis le début. Casqués, armés, en mode « Zieg Heil » ; mais à 10 comme à 100, cette nuit, ils nous font pas peur… On avance tou-te-s en leur direc­tion, la rage au ventre, prêt-e-s à tout défon­cer. Les keufs ne com­pren­nent plus rien, ils ne s’atten­daient sûre­ment pas à ce qu’une bande de meufs, goui­nes et trans déci­dent de char­ger les fafs. Après quel­ques ins­tants de face à face, les decks en moto dis­per­sent les nazillons. A ce sujet, les nervis nous ont montré à quel point leurs atta­ques contre les « méchants musul­mans qui enfer­ment les femmes » sont cohé­ren­tes quand ils atta­quent une manif contre les vio­len­ces sexis­tes… Bouffons ! On conti­nue la manif, en chan­sons et slo­gans. Des per­son­nes res­tent atten­ti­ves aux fachos, qui ne réap­pa­rais­sent fina­le­ment pas. Faut dire que la BAC a enva­hit le quar­tier depuis la confron­ta­tion sur les quais.

« Contre le patriar­cat, je me lève et je me bats »

On conti­nue sur les Terreaux, plu­sieurs mecs relous font chier sur le chemin, mais ils déga­gent vite, en même temps, ils ne font pas le poids ! Montée des pentes triom­phale, on a pris la rue, Saint Jean, on a su se pro­té­ger, se défen­dre, faire face quand il le fal­lait et cette nuit on a gagné…

On finit place Colbert, puis cer­tain-e-s mani­fes­tant-e-s vont dans un lieu liber­taire des pentes où une fête non-mixte est orga­ni­sée.

Malgré quel­ques trucs relous, comme par exem­ple l’insis­tance des orga­ni­sa­tri­ces à vou­loir abso­lu­ment qu’on reste « der­rière la ban­de­role », comme si on était à l’école, et le fait qu’on ait clai­re­ment suivi les flics tout le temps de la manif, ce moment était vrai­ment fort.
Qu’une manif non mixte prenne Saint-Jean, qu’on aille au devant des fafs, sans SO ni gros bras pour nous « pro­té­ger », c’est une belle démons­tra­tion de force. Malgré les oppres­sions sexis­tes/homo­pho­bes/trans­pho­bes qu’on subit au quo­ti­dien, on n’est pas et on ne sera jamais des vic­ti­mes.
Meufs, goui­nes, trans, on s’appro­prie les rues, la nuit, l’espace public et par la force si il le faut. On était là et on revien­dra !

On est fort-e et fièr-e et soli­daire et en colère !"

[actu. Angletterre]

1/
Une femme anglaise de 34 ans, Emma West, est en détention préventive depuis lundi 28 novembre après la diffusion sur internet d'une vidéo où on la voit proférer des insultes racistes envers d'autres passagers dans le tramways, dans la banlieue de Londres.

Cette vidéo intitulée "My tram experience" a été visionnée plus de 6 millions de fois depuis le 27 novembre, date de la mise en ligne.

Pendant 2 minutes 30, on voit la femme (avec son fils sur les genoux) péter littéralement un câble et  s'en prendre à tout le
monde de manière raciste.

"Vous n’êtes pas Anglais. Vous n’êtes pas Anglais. Retournez dans vos propres pays. Ne restez pas dans le mien" ou encore ""Qu'est-ce qu'est devenu ce pays?… Plein de Noirs, plein de p… de Polonais!"

Cette vidéo à fait un scandale en Angletterre. La femme sera jugée le 6 décembre.

Voici la vidéo :
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=i47HoiM0Au8

[actu. Belgique]

1/
myeurope.info [photos et vidéo sur le site] :
http://fr.myeurop.info/2011/11/28/liege-chaudron-des-extremes-droites-3952

"Liège, chaudron des extrêmes droites
28.11.2011 Par Marco Bertolini (Amsterdam)

Un fait divers – un jeune braqueur abattu par un bijoutier – déchaine les groupes radicaux liégeois. La conjonction de deux crises – l'interminable crise politique belge et la crise économique – font de Liège un terreau favorable à divers mouvements d'extrémistes. Récit d'une journée sous haute tension.

Cela a commencé par un fait divers: le 2 novembre, deux jeunes braqueurs, Jordy Makono Kasavubu et Nzola Bayambudila s’en prennent à la bijouterie de Monsieur Bens, à Liège. Mais ce dernier les surprend et fait feu. Jordy succombe à ses blessures.
 “Marche blanche” pour un braqueur

Cela serait resté un de ces faits divers dont les journaux locaux font leurs choux gras si les proches de Jordy n’avaient pas organisé, à la mémoire de leur ami, une “marche blanche”. Malgré l’interdiction par le bourgmestre (maire) de Liège, la marche a bien eu lieu et a rassemblé 250 personnes. Mais une trentaine de casseurs se sont infiltrés dans la marche et ont endommagé des immeubles ainsi qu’une demi-douzaine de véhicules.

Un groupe de citoyens qui se baptise “Vigies” a clamé son indignation devant cette “marche blanche organisée en l’honneur d’un voyou”.

En Belgique, les “marches blanches” trouvent leur origine dans l’affaire Dutroux qui a traumatisé la Belgique au cours des années 1990. La première de ces marches a rassemblé entre 350.000 et 615.000 personnes à Bruxelles.

Vigies, groupe qui se présente comme “apolitique” et constitué de “citoyens indignés par cette inversion des valeurs” a donc appelé à une marche, anti-marche blanche, devant la gare des Guillemins, principale gare de Liège. Interdite par le bourgmestre, elle s'est finalement transformée en un rassemblement autorisé ce samedi 26 novembre sur la place Commissaire Maigret. (Simenon est un enfant du pays et un musée devrait bientôt lui rendre hommage dans sa ville natale).
Groupe "apolitique", tendance droite radicale

Vigie, groupe “apolitique” ? Vraiment ? Les membres de “Veille antifasciste de Liège” – groupe dans lequel on trouve pêle-mêle des Indignés liégeois, des associations contre la dette du tiers-monde et des militants anarcho-communistes – n’y croient pas une seconde.  Pour eux, Vigies est un groupe composé de militants néo-nazis et néo-fascistes.

L’initiateur du groupe Vigies est Dany Simal, un ancien du Parti Populaire, le parti populiste de droite fondé par l’avocat Mischaël Modrikamen. Simal a quitté le PP suite à un différend avec Modrikamen. L’examen de la page Facebook de Vigies ne laisse pas trop de doute sur son “apolitisme”: tous les organisateurs appartiennent au PP, quant aux participants, on y trouve quelques citoyens réellement outrés, mais surtout des membres du groupe d’extrême droite belge Nation, des militants du FN belge, des islamophobes de Nonali, une association “contre l’islamisation de la Belgique”… 

Le ton des commentaires et les images publiées sur la page du groupe est sans équivoque: contre la “racaille”, les sans-papiers, la Belgique aux Belges, etc. La présence massive des droites les plus extrêmes tend d’ailleurs à s’accentuer depuis le rassemblement de samedi…
"Tout le monde se tient par la barbichette"

Questions, samedi à Liège, à Dany Simal, l’initiateur du groupe Vigies et maître Philippe Chansay-Wilmotte, avocat et représentant du PP à Liège juste avant la manifestation. C’est surtout l’avocat qui s’exprime:

Vous vous présentez comme apolitiques, mais votre page Facebook, il y a surtout de membres du PP et de groupes radicaux.

Vigies : Dany est un ancien du PP. Au départ, il a simplement fait un geste de compassion envers M. Bens, le bijoutier. Et ensuite, quand il a créé ce groupe, je l’ai rejoint tout naturellement. Je suis ici à titre personnel et non pas comme représentant du PP.

Il y a aussi pas mal de membres du FN belge…

Apolitique, cela veut dire ouvert à toutes les tendances. On ne veut aucune exclusive. Il y a des membres d’autres partis, mais nous demandons à tous de ne pas arborer de badges ou de signes distinctifs de partis sur leur profil Facebook (Consigne que les administrateurs ont beaucoup de mal à faire observer, NDLR). C’est pareil aujourd’hui. Nous avons demandé aux participants de n’amener aucune banderole, aucun drapeau, aucun signe d’appartenance politique. Cela doit rester une manifestation de citoyens.

Justement, que veut-il ce citoyen indigné ?

Nous arrivons à une fin de règne. La politique belge est en panne. Il n’y a plus d’opposition de la part des partis traditionnels. Il y a tellement de niveaux de pouvoir en Belgique que si vous êtes dans l’opposition au niveau fédéral, vous pouvez siéger à la communauté, à la région, à la province, dans les communes, les intercommunales et j’en passe. Tout le monde se tient par la barbichette. Résultat : rien ne bouge. Plus d’un an et demi sans gouvernement. Et le citoyen se sent complètement ignoré. Et aujourd’hui, cette inversion des valeurs: une marche blanche en l’honneur d’un casseur!

Que demandez-vous aux autorités locale ?

Nous avons remis une lettre au bourgmestre : il a laissé se dérouler une marche interdite (la marche blanche en l’honneur de Jordy) et cela a eu des conséquences. Nous voulons qu’il indemnise toutes les victimes de cette marche. Il a aussi stigmatisé la jeunesse. Lorsqu’il a parlé des casseurs, il a dit “des jeunes ont attaqué une bijouterie” ou “des jeunes ont commis des déprédations”. Ce ne sont pas des “jeunes” qui ont commis ces faits. Mais des voyous. Il a stigmatisé des jeunes. C’est interdit par la loi. S’il ne se rétracte pas, nous déposerons une plainte au Centre d’Egalité des Chances. Celui-ci sera bien obligé de réagir. S’il ne le fait pas, cela démontrera une fois de plus que le système est en panne…

Quelle est la suite que va prendre Vigies ? Va-t-il devenir un parti concurrent du PP ? Un mouvement de citoyens ? Un syndicat ?

(Cette fois, c’est Dany Simal, l’organisateur, qui répond, encouragé par son ami) Nous souhaitons créer un groupe d’observation qui influence la politique belge par une critique permanente. Nous voulons redonner du poids au citoyen dans la politique belge.

J’interroge aussi des membres du groupe "Veille antifasciste".

Pourquoi êtes-vous là aujourd’hui?

VA : Ce groupe de prétendu citoyens indigné est en réalité un mouvement néo-fasciste. Comme d’habitude, l’extrême droite avance masquée. Ils ont instrumentalisé un fait divers et ils jouent sur les peurs du citoyen pour imposer leurs idées. C’est quand même invraisemblable qu’un bourgmestre socialiste autorise un événement aussi ouvertement néo-nazi. La ville est co-organisatrice de “nuits blanches contre l’extrême droite”, mais les laisse s’exprimer en public. Il faut réagir, alerter le citoyen.
“ Nous sommes la défense de la Nation ! ”

Pendant ce temps, les deux groupes se sont rassemblés sur la petite place. Un important dispositif policier se met en place, en parallèle: agents en civil et en uniforme, panoplie antiémeute complète. On s’attend manifestement à des heurts.

Les Vigies n’arborent effectivement aucune banderole. Et lorsque les antifascistes veulent en déployer une, la police les oblige à la replier immédiatement.

Physiquement, les deux groupes se ressemblent furieusement : des deux côtés, on distingue des crânes rasés et des visages encagoulés, masqués par des écharpes ou des foulards. Une Liégoise qui voulait rejoindre Vigies s’est d’ailleurs trompée de groupe avant de s’excuser et de rejoindre les siens…

Les deux factions s’observent. Alors que la page de Vigies comptait environ 900 membres, il sont sans doute une soixantaine. Les autres “font du tricot” comme le souligne un des commentaires sur la page Facebook…

Les antifascistes sont encore moins nombreux. Il ne se passe rien, jusqu’à ce que Dany Simal et quelques proches, qui viennent d’être reçus par le bourgmestre, sortent de l’hôtel de ville et veuillent prendre la parole avec un mégaphone. Les antifascistes se mettent alors à scander des slogans qui couvrent le discours de l’organisateur.

Les Vigies répondent avec force et les “Antifa ha ha ha” font rapidement écho aux “alerta antifascista”. Lorsque les “antifas” scandent “nous sommes tous des enfants d’immigrés, 1e, 2e, 3e génération”, le groupe d’en face entame comme un seul homme “nous sommes la défense de la Nation” !
Ultra-droite germanophone

Les menaces fusent de part et d’autres et les policiers s’interposent. Dans le groupe Vigies, on n’entend plus que des slogans d’extrême droite hurlés par des jeunes encagoulés en état d'ivresse avancé qui cherchent la baston. Hervé van Laethem, ancien secrétaire de Nation, a bien du mal à calmer ses troupes.

Les quelques citoyens vraiment apolitiques de Vigies quittent la manifestation de peur de prendre des coups… Seule la diplomatie remarquable de la police liégeoise empêchera l’événement de dégénérer. Sans cela, l’affrontement violent était inévitable.

Finalement, Dany Simal décide de disperser la manifestation plus tôt que prévu et les manifestants évacuent les lieux. Quelques membres des groupes les plus extrêmes continuent de menacer les antifascistes et se retirent vers le marché de Noël tout proche, toujours encadrés par la police.

Apparemment, le groupe Nation – selon Jean-Pierre Demol, un de ses leaders – a été débordé par des jeunes venus d’Eupen, ville de la région germanophone qui borde la frontière avec l’Allemagne. La communauté germanophone est la grande oubliée de la politique belge, paralysée par les oppositions Wallons-Flamands. Et la droite la plus extrême est en train de s’y implanter avec une vigueur inquiétante. Tout comme à Charleroi, ancien bassin minier et sidérurgique frappé par le déclin industriel, où le groupe Nation connait un succès croissant.
Analyses politiques comparables

    Leur analyse politique est la même que la nôtre”, me confie Pauline, une militante antifasciste. “Le constat que la démocratie belge est en panne et qu’il faut trouver des solutions pour la restaurer. Mais les méthodes proposées sont radicalement différentes”.

Les politiques belges feraient bien de prêter une oreille attentive à ces voix pour l’instant minoritaires. Elles expriment de manière radicale le malaise croissant d’une population qui se sent de plus en plus méprisée par ses représentants. Et la crise économique ne fait qu’exacerber ce sentiment d’abandon.

Ce qui s’est passé à Liège ce samedi montre aussi que la frontière est poreuse entre les partis populistes, vitrine d’une droite “respectable”, et les mouvements anti-démocratiques les plus extrêmes.

Ne pas prendre conscience de ces phénomènes ne conduirait qu’à les radicaliser davantage.

[actu. Genève]

1/
lechatnoiremeutier.wordpress.com [photos sur le site] :
http://lechatnoiremeutier.wordpress.com/2011/11/27/resume-de-la-manifestation-antifasciste-sauvage-a-geneve-vendredi-25-novembre-2011/

"Résumé de la manifestation antifasciste sauvage à Genève du Vendredi 25 novembre 2011

Manif sauvage à Genève: pas de fachos dans nos rues !

Vendredi une manif sauvage a animé les rues de Genève et cassé la monotonie aux couleurs criardes du vendredi soir genevois.

Après une assemblée très fréquentée où nous avons pu constater une recrudescence des violences fascistes de tous genres pendant les dernières semaines (incendies, agressions, intimidations), les antifascistes ont décidé de regagner la rue : aucune agression ne restera sans réponse.

Hier soir, donc, entre 100 et 200 personnes ont défilé au centre-ville. La manif était spontanée et très mobile, aucun appel public n’avait été lancé, ce qui explique que les flics aient été pris au dépourvu .

Les manifestants ont traversé Calvingrad pendant environ une heure afin de sensibiliser la population vis-à-vis de la récente explosion d’agressions nazies dans une ville qui a toujours été orgueilleusement métisse.
Le cortège a traversé le quartier populaire de la Jonction pour ensuite se rendre en vieille ville, prétendu “fief” de l’extrême droite genevois. Mais, comme par hasard, aucune trace de ces rats, qui sont restés bien cachés dans leurs égouts.

Durant le défilé, des affiches ont été collées, des slogans ont été tagués un peu partout et le pub “Spring Brothers” (souvent fréquenté par des nazillons) a été chahuté. Des fusées et des fumigènes ont été tirées. Une grosse voiture à plaque “corps diplomatique” qui a traversé le défilé en renversant un manifestant a été endommagée.

Aucune arrestation n’est à déplorer mais d’après la presse bourgeois quatre jeunes ont été identifiés en marge de la marche.

Bruyante, communicative et combative : voilà notre manière de réagir à ces frustrés préférant les lâches embuscades à coups de couteaux.

PAS DE FRONTIÈRES ENTRE LES PROLÉTAIRES, PAS DE RUES POUR LES NAZIS ! GENÈVE REFUSE LE FASCISME !"

[actu. Allemagne]

1/
http://www.courrierinternational.com/article/2011/11/15/et-soudain-
la-police-decouvre-les-neonazis

Et soudain, la police découvre les néonazis…

La mise en lumière d'un réseau criminel d'extrême droite à Iéna a
choqué le pays, et souligné le laxisme des services de sécurité vis-
à-vis de la peste brune.
Article de « Die Tageszeitung »

[Contexte :
Le 11 novembre, la police de Thuringe (dans l'est de l'Allemagne)
identifie
un groupe de trois criminels néonazis entrés dans la clandestinité
il y a plus
de treize ans. Deux sont morts (suicidés), la troisième s'est livré
aux autorités. A leur actif : 14 hold-up, 10 meurtres (8 Turcs, 1
Grec, 1 policière) et peut-être davantage. Pièces à conviction :
l'arme des crimes et la profession de foi de leur "réseau clandestin
national-socialiste" (NSU) sous forme de DVD. Ces révélations
créent une onde
de choc en Allemagne et sèment le doute sur l'efficacité des
services de sécurité.]

En République fédérale d'Allemagne, la découverte d'un groupe
terroriste de tendance néonazie marque une véritable césure. Il y a
toujours eu des meurtres et des agressions à caractère fasciste en
Allemagne. Les coupables étaient recherchés et – généralement -
arrêtés et condamnés. Mais le fait que des terroristes d'extrême
droite aient pu commettre des assassinats durant plus de dix ans
sans que ni les forces de police ni la direction de la sécurité du
territoire ne parviennent à les détecter, oblige à jeter un regard
neuf sur la menace terroriste que constitue l'extrême droite dans
le pays.
L'affaire suscite des interrogations sur le travail des services de
sécurité intérieure. Premier élément de réponse : ceux-ci ont
constamment et systématiquement sous-estimé le potentiel criminel
des militants néonazis. En 1998, la police de Thuringe a laissé
trois néonazis – ceux-là mêmes qui allaient former le futur groupe
terroriste – disparaître dans la nature et n'a même pas passé au
peigne fin les milieux d'extrême droite. A l'époque, il était
pourtant établi que, dans la mouvance de la droite radicale d'Iéna,
un certain nombre d'individus étaient susceptibles d'apporter une
aide logistique aux militants clandestins. Mais les autorités ont
préféré croire à l'hypothèse de criminels partis se réfugier à
l'étranger plutôt que de les rechercher là où se trouvait en
réalité leur base.
Il est certain qu'il était quasiment impossible d'établir un lien
entre les dix assassinats et les trois terroristes passés dans la
clandestinité. Et il faut dire que les enquêteurs de Nuremberg
avaient au moins reconnu la possibilité de crimes à caractère
raciste et établi un profil de tueur plus proche d'un ressortissant
local que d'un étranger. Reste que, en dépit de nombreux indices,
jamais les enquêteurs n'ont envisagé le racisme comme principal
mobile de ces crimes.
La vision du monde des enquêteurs semble empreinte de stéréotypes
fortement enracinés : l'ennemi numéro un est le fondamentalisme
islamiste, mais il faut aussi garder un œil sur le nouveau
terrorisme de gauche. Voilà pourquoi dans les médias, que ce soit
Der Spiegel [cf. ci-contre] ou d'autres, on rapproche autant que
faire se peut le groupe de terroristes nazis de la Fraction armée
rouge (la RAF, qui affichait un discours de gauche). La découverte
des crimes nazis fait voler en éclats cette idée reçue. Le ministre
de l'Intérieur, Hans-Peter Friedrich, reconnaît la nécessité de
lutter avec détermination contre ces courants. Revirement
opportuniste ou véritable prise de conscience ? Il faudra juger sur
les actes plutôt que sur les paroles.

2/
Le NPD dans la ligne de mire de l'enquête sur un réseau néonazi

30.11.2011 | Die Tageszeitung

Jour après jour, il devient de plus en plus clair que les
terroristes d'extrême droite du 'réseau clandestin
national-socialiste' (NSU) et leur entourage avaient des contacts
avec le NPD [parti néonazi]", écrit l'éditorialiste du journal, qui
demande "l'interdiction du NPD, maintenant !". Le 29 novembre, la
police a arrêté un ancien responsable et porte-parole du parti dans
le Land de Thuringe. Il est soupçonné d'avoir aidé les membres du
NSU, accusés d'une série de meurtres d'étrangers, à se cacher, et
de leur avoir fourni de l'argent.

3/
Le rôle trouble des services de renseignements allemands

Plusieurs hommes politiques exigent une réforme de ces services. En
cause : des fonctionnaires qui n'ont pas su empêcher les actions
criminelles d'un réseau d'extrême droite pendant plus de dix ans.
La presse pointe du doigt les zones d'ombre de l'affaire.

15.11.2011 | Catherine Guichard | Courrier international

Le 6 avril 2006, le jeune Halit Yozgat, 21 ans, est tué de deux
balles dans la tête dans son cybercafé de Kassel [Land de Hesse].
Ce jour-là, l'établissement est peu fréquenté. A la demande des
enquêteurs, la plupart des clients se font connaître. Un seul
manque à l'appel, passant ainsi du statut de témoin à celui de
suspect. A l'issue de son enquête, la police découvre que ce
dernier est un collaborateur des services de renseignements du Land
de Hesse.

L'agent, à l'époque, n'a pas été inquiété longtemps, mais de
nouveaux éléments viennent de le replacer sous le feu des
projecteurs. Selon les informations de la Frankfurter Allgemeine
Zeitung (FAZ), le suspect se trouvait bien dans le café le 6 avril
2006 au moment du drame, alors qu'on croyait jusqu'à présent qu'il
l'avait quitté peu avant. Plus grave, dans son logement, à côté
d'un livre sur des meurtres en série que l'on avait alors
découvert, il est maintenant avéré que la police avait également
trouvé des armes automatiques.

1511-bild-A.jpgPour le quotidien à très grand tirage Bild, il est
clair qu'on est en plein "scandale des services secrets". Selon les
informations du journal, le suspect de Kassel se serait trouvé à
proximité du lieu de six meurtres de personnalités d'origine
étrangère sur les neuf attribués au groupe néonazi mis au jour
récemment.

Dans cette affaire, l'Office pour la protection de la Constitution
(Verfassungsschutz) est au cœur de toutes les critiques. Plusieurs
médias pointent du doigt l'institution dont le slogan "Protéger la
démocratie" paraît bien peu probant, alors qu'un groupuscule
d'extrémistes de droite originaires du Land de Thüringe (situé en
ex-RDA) a pu pendant des années perpétrer des meurtres et braquer
des banques, dans toute l'Allemagne, sans se faire inquiéter.

1511-FAZ-A.jpgComme l'écrit la FAZ, "il est encore trop tôt pour
dire si les fonctionnaires de cette agence ont laissé faire à cause
de leur désorganisation interne" ou bien s'ils ont sciemment
obstrué toute enquête contre ce groupe. Le fédéralisme allemand
ajoute à la cacophonie, précise le journal : l'Office fédéral pour
la protection de la Constitution, tout comme ses entités
régionales, peuvent avoir recours chacun à leurs propres
informateurs, les dénommés V-Leute (littéralement : "personnes de
confiance"). Les autres services de sécurité fédéraux et régionaux
peuvent également faire appel de manière indépendante à d'autres
agents.

1511-TAZ-A.jpgPour la Tageszeitung, plus que l'imbroglio des indics
allemands, c'est la connivence entre les institutions locales de
Thüringe et la mouvance d'extrême droite locale qui pose problème.
En l'an 2000, le dénommé Helmut Roewer, haut fonctionnaire du
ministère de l'Intérieur allemand, a été démis de ses fonctions à
la tête de l'agence régionale de l'Office fédéral pour la
protection de la Constitution après qu'on eut révélé que le chef
local du Parti national-démocrate (NPD, extrême droite), Thomas
Dienel, avait travaillé pour ses services. Un autre responsable
local du NPD, Tino Brandt, est lui aussi connu pour avoir été un de
ses informateurs. Il aurait notamment investi les sommes gagnées
alors dans un réseau néonazi pour la "protection de la patrie".
Trois autres trentenaires de Thüringe en auraient également fait
partie : les terroristes présumés Uwe Mundlos, Uwe Böhnhardt –
décédés tous les deux – et Beate Zschäpe, actuellement incarcérée.

[actu. monde]

1/
lefigaro.fr : L'appli «Juif ou pas juif» retirée dans le monde
entier
24/11/11

Les associations anti-racistes, qui avaient assigné Apple en
justice, expriment leur satisfaction et renoncent à leurs
poursuites.

Le feuilleton de l'application «Juif ou pas juif», qui empoisonnait
Apple depuis deux mois, se termine. Jeudi, les associations anti-
racistes ont abandonné leur action en justice devant le tribunal de
grande instance de Paris, après le retrait dans le monde entier de
l'application controversée pour iPhone.

Mise en ligne le 9 août, l'appli «Juif ou pas juif» proposait une
liste de 3500 personnalités d'origine ou de religion juive. Elle
avait été supprimée une première fois de la vente le 14 septembre
en France par Apple, qui assure la validation de toutes les
applications distribuées sur l'App Store. Cette suppression a
ensuite été étendue à l'ensemble de l'Europe le 18 octobre, à la
suite d'un bref retour sur l'App Store français. Mais «Juif ou pas
juif» restait toujours disponible ailleurs dans le monde.

La suppression totale n'est toutefois pas le fait d'Apple mais du
développeur du logiciel, Johann Levy. «Je suis satisfait que M.
Levy ait été saisi d'un tardif repentir et ait pris la sage
décision de retirer l'application», a commenté Me Stéphane Lilti,
au nom de quatre associations qui avaient assigné le groupe
américain, l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), J'accuse,
SOS Racisme et le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié
entre les peuples (Mrap). D'après l'avocat, qui a signifié
l'abandon des poursuites, la saisine de la justice «a eu des effets
bénéfiques».

Le tribunal de grande instance devait également entériner dans la
matinée le désistement de la Ligue internationale contre le racisme
et l'antisémitisme (Licra), mettant fin à toutes les poursuites. La
Licra exigeait de surcroît qu'Apple désinstalle l'application chez
ceux qui l'avaient déjà achetée et téléchargée, une mesure
totalement inédite. Lors de l'audience du 17 novembre, l'avocate
d'Apple, Me Catherine Muyl, s'était défendue en se demandant «où
[était] l'antisémitisme dans ce dossier». Au contraire, avait-elle
dit, «quand Johann Levy a conçu son application, il a craint
qu'elle ne soit perçue comme trop ‘pro-juif'!».

//.

Action antifasciste
Lettre d'info #1 – 1/12/2011

Monte ton groupe autonome antifa!
Rejoins l'Action Antifasciste!
Resistance de la culture métissée et populaire!

http://actionantifasciste.fr/

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