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L'insurrection du ghetto de Varsovie, du 19 avril au 16 mai 1943, est l'un des plus
grands symboles de résistance antifasciste.
La lutte des 60.000 juifs et juives enfermés dans le ghetto n'avait aucune chance de réussir. Ils le savaient, mais elle devait être un symbole de résistance, un soutien à la lutte générale contre le nazisme, une manière d'alerter le monde et ce alors que 270.000 personnes juives de la ville avaient déjà été déportées.
Le ghetto s'étalait sur une surface de 400 hectares, faisant 2.4% de la superficie totale de Varsovie; il y
avait 27.000 appartements sur ce territoire fermé par un mur de 3 mètres
de haut (sur 18 kilomètres).
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La résistance du ghetto a été chapeauté par une organisation, la Zydowska Organizacja Bojowa
(Organisation Juive de Combat - en yiddish יידישע קאמף ארגאניזאציע,
Yiddische Kampf Organizatzion), fondée le 22 juillet 1942.
Son dirigeant était Mordechai Anielewicz. En janvier 1943
il avait mené la première attaque contre l'armée allemande dans le ghetto.
Cette attaque avait amené l'arrêt des déportations et eut un grand écho
dans la population, qui entreprit alors de cesser sa soumission et suivit
les plans de résistance de la ZOB particulièrement par la construction
de centaines d'abris souterrains pour résister à la déportation finale.
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La ZOB avait été précédée dans l'organisation de la résistance par le Front Antifasciste créé en mars 42 sous l'impulsion de Joseph Lewartowski - envoyé par le Komintern pour reconstruire le parti Communiste et organisé la lutte antifasciste. Il regroupait le Parti des Ouvriers Polonais (PC) et des parti sionistes de gauche.
Les premières actions de la ZOB furent d'apprendre ce qui advenaient aux personnes emmenées dans les trains et de se procurer des armes. Pour se procurer des armes, plusieurs émissaires furent envoyées auprès des différents front de résistance (Armée Nationale liée à Londres et l'Armée intérieur (AK) liée au POP-PC), mais peu les aideront, l'antisémitisme étant très fort parmi les partis nationalistes polonais, seul le Parti Communiste, pourtant très petit, fournit un nombre conséquent d'armes et quelques combattants.
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Lorsque les nazis décidèrent de liquider le ghetto le 19 avril 1943 (le soir de la Pâque juive), la ZOB regroupait 3000 membres dont seuls 600 disposaient de pistolets et les autres combattants à l'aide d'explosifs de fortune (comme les cocktails molotov), et formaient le coeur de la lutte des 30.000 personnes juives restantes dans le ghetto.
Les rues étaient vides et les nazis durent faire face à la guérilla.
Ils décidèrent alors de tout détruire.
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Les nazis mirent 27 jours pour réussir leur sombre plan et marquer leur victoire
par la destruction le 16 mai 1943 de la Grande synagogue de la rue Tlomacki.
Le général SS Jürgen Stroop estima alors avoir capturé 56 065 Juifs et détruit 631 abris.
tuant 7 000 Juifs durant la révolte, alors que 7 000 autres étaient immédiatement déportés et
exterminés à Treblinka. Beaucoup de membres de la ZOB et de juifs du ghetto
préférèrent se suicider qu'être pris et déportés par les nazis;
comme par exemple le leader de la ZOB, Mordekhai
Anielewicz, qui se suicida le 8 Mai plutôt que finir dans les camps.
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La ZOB était un front uni de différentes organisations juives, soit communistes,
soit socialistes, soit sionistes - socialistes:
* PPR (Parti des Ouvriers Polonais - Parti Communiste) avec 4 équipes;
* Dror He-Halutz (Liberté - le pionnier) avec 5 équipes;
* Ha-Shomer ha-tzair (la Jeune Garde) avec 4 équipes;
* le Bund (socialistes) avec 4 équipes;
* Gordonia (d'Aaron David Gordon, dirigeant sioniste socialiste) avec 1 équipe;
* Akiva (Bnei-Aqiva, un mouvement religieux) avec 1 équipe;
* Ha-No'ar ha-Ziyoni (Jeunesse sioniste) avec 1 équipe;
* Po'alei Zion smol (Ouvriers de Sion) avec 1 équipe
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A côté du ZOB existait le ZZW (Zydowski Zwiazek Wojskowy - Union Militaire Juive) dirigé par Pavel Frenkel, une
organisation générée par le Betar, qui étant nationaliste a été considéré omme n'ayant pas
sa place dans la ZOB. Il va de soi également que les sionistes réécrivent l'histoire, inventant un rôle prééminent du ZZW sur le plan militaire (alors que sa stratégie consistait en une concentration de force en un seul point au dépens de la ligne de masse-guerilla prônée par la ZOB), en surestimant leur nombres et évidemment en hébraïsant les noms au dépens du yiddish et du polonais ("Irgoun Yehoudi Lohem" pour le ZOB, "Irgoun Hatzvaït Hayehoudi" pour le ZZW).
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"Sachez donc qu'aujourd'hui comme hier, chaque seuil du Ghetto sera une forteresse.
Sachez que nous tous, nous voilà prêts à mourir au combat, et sans jamais nous rendre!
Comme vous, nous désirons la revanche, nous voulons le châtiment de tous les crimes perpétrés
par l'ennemi commun.
Nous nous battons pour notre liberté et la vôtre, pour notre honneur et pour
le vôtre, pour notre dignité humaine, sociale, nationale et pour la vôtre!
Vengeons les crimes d'Auschwitz, de Treblinka, de Belzec, de Maidanek!
Vive la fraternité d'âme et de sang de la Pologne combattante!
Morts aux bourreaux, mort aux tortionnaires!
Vive le combat à vie et à mort contre l'occupant!
L'Organisation juive de combat, 23 avril 1943"
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