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Selon la vision historique officielle, il n'y a pas eu de résistance réelle au nazisme.
L'Etat nazi aurait été "totalitaire" et aucun individu n'aurait pu faire face à l'embrigadement
nazi.
C'est à peine si on parle du petit groupe chrétien de la "rose blanche", ou encore de la tentative
de putsch de juillet 1944 mené par des généraux nazis tentant de tuer Hitler pour changer
la politique extérieure négocier avec les alliés (sauf les soviétiques)
au vue de la catastrophe arrivant pour eux.
Cette vision est fausse. Il y a bien eu une résistance populaire au pouvoir nazi, et la connaître
car elle fait partie du patrimoine de lutte antifasciste.
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Lorsqu'en janvier 1933 les nazis arrivèrent au pouvoir, les communistes
tentèrent de lancer une grève générale, mais sans le soutien des socialistes les chances
de réussir étaient nulles.
La répression fût alors énorme et toute opposition interdite,
à commencer par les communistes qui représentent la principale opposition: rien que dans la
nuit du 27 au 28 février, 10.000 communistes sont emprisonnés.
La Gazette de Lausanne du 2 mars écrit: "Seuls les communistes résistent... Evidemment,
la lutte n'est pas égale, ils ont contre eux toutes les forces de l'Etat. Mais, à défaut
du nombre, ils ont l'ardeur, le fanatisme: ils ont lutté pour la rue".
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Les socialistes refusaient en effet l'affrontement. Dans le district de Brandebourg, à Berlin,
où la milice socialiste regroupait 160.000 combattants, la ligne fut la suivante:
"Il nous reste trois possibilités:
L'emploi des méthodes violentes des communistes. Mais il est clair pour chacun
de nos camarades que ces méthodes sont criminelles et qu'elles doivent être laissées
de côté;
L'abstention.
La recherche d'une collaboration dans le cadre de la vie pratique. Depuis des
années nous portons dans nos coeur la foi en l'Allemagne et en l'avenir de l'Allemagne.
C'est pourquoi nous réclamerons notre place dans la vie nouvelle de l'Etat allemand et nous
ferons pour l'Allemagne ce qu'elle attend de nous: notre devoir".
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Mais les socialistes furent par la suite interdits aussi, en juin 1933, malgré
le soutien à la "politique extérieure de l'Allemagne" des parlementaires
socialistes n'étant pas en prison ou en exil.
Les communistes eux organisaient déjà des centres clandestins en Belgique,
en France, en Suède, en Suisse et au Luxembourg. Il s'agissait de publier de la
propagande et de l'amener en Allemagne, au prix bien entendu de sa vie. De nombreux membres
du Parti Communiste d'Allemagne s'engagèrent également dans les Brigades Internationales, en soutien
à la République espagnole. Une radio pirate, connu sous le nom de sa longueur d'ondes - 29,8 -
diffusait en Allemagne les appels à la Résistance.
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Un rapport de 1935 de la police de la ville de Wiesbaden expliquait: "Il se confirme
que le parti communiste dispose d'un état-major de collaborateurs doués de remarquables capacités
d'organisation et tactique, qui, en dépit de la surveillance la plus rigoureuse, ont recréé dans
quelques régions, avec un certain succès, des organisations illégales."
Durant toute la terreur nazie, les communistes ont maintenu la continuité de la résistance.
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Un grand coup fut porté à la résistance communiste avec la déclaration de guerre
à la France: l'Etat français interna 18.000 personnes d'origine allemande et autrichienne,
surtout des réfugiés d'origine juive et des antifascistes!
La résistance communiste ne put, au fur et à mesure de l'invasion nazie, que profiter
des structures clandestines en Allemagne même. Ces structures étaient très actives: en 1936
la Gestapo arrêta 11,678 communistes et saisit 1,643,200 journaux, tracts ou brochures.
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De 1933 à 1939, un million de personnes ont été arrêtées pour antifascisme
et 275.000 condamnés à 600,000 années de prison au total; les prisonniers politiques dans les
camps de concentration étaient en permanence entre 150 et 300,000.
En 1944, les cadres communistes agissant dans la clandestinité étaient 10,000; on considère
que 125,000 ouvriers étaient liés à la résistance. Rien qu'au premier semestre 1944, il y avait
eu 200,000 grévistes, pour 177,000 personnes arrêtées durant la même période.
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L'un des symboles internationaux de la résistance allemande était le dirigeant communiste
Ernst Thälmann; des comités Thälmann étaient très actifs dans de nombreux pays (dont la
France) depuis sont arrestation en 1933. Il fut assassiné en août 1944.
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Les résistants allemands s'engagèrent également systématiquement dans la
résistance des pays où ils se trouvaient: URSS, Slovaquie, Yougoslavie, Grèce,
Pologne, Albanie, Danemark, Italie, Belgique, tout comme en France (dans les Cévennes,
en Lozère avec notamment Otot Kühne, dans les Alpes, dans le Limousin...).
Dans les camps également la résistance fut systématique et parfois de grande ampleur, notamment
à Buchenwald, où eut lieu une insurrection armée réussie et par conséquent une auto-libération du camp.
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