Présentation de l'analyse d'Ernst Nolte
Tiré de la brochure "Antifascisme", disponible en pdf
Présentation
Ernst Nolte est un universitaire allemand; ultra-conservateur, il est le chef de file
de ce qui est le courant dominant idéologiquement dans l'Etat allemand. Il est une
référence pour un auteur comme Stéphane Courtois.
Le fascisme comme réponse au communisme
Selon Nolte, le fascisme n'est qu'une « réaction »; il est
un « totalitarisme » qui n'est apparu qu'en réponse à un autre totalitarisme
considéré comme une menace: le communisme. Le fascisme est « une copie brouillée du bolchevisme. »
Selon lui, « ce qu'il y a dans le national-socialisme de plus essentiel, c'est son rapport
au marxisme, au communisme particulièrement, dans la forme qu'il a prise grâce à la victoire des
bolcheviks » (La Guerre civile européenne).
Pour cet auteur ultra-conservateur, le nazisme ne
s'explique que par le communisme, et c'est là qu'il faut chercher le premier « mal. »
Dans
un article ayant fait scandale et ayant amené des intellectuels à le traiter de « révisionniste »,
Nolte explique que « L'archipel du Goulag n'est-il pas plus originel qu'Auschwitz ?
L'assassinat pour raison de classe perpétré par les bolcheviks n'est-il pas le
précédent logique et factuel de l'assassinat pour raison de race perpétré par les nazis ? »
(Un passé qui ne veut pas passer).
Pour Nolte, le fascisme a des caractéristiques relevant du communisme, bien qu'en tant
qu'idéologie
il soit en définitif un « anti-marxisme. » La folie destructrice nazie ne s'explique
que comme « réaction » folle au « génocide de classe » pratiqué par les bolchéviks,
puis aux actions des partisans communistes contre l'occupation nazie.
De la même manière,
niant la culture « völkisch », il explique l'antisémitisme des années 1930 pratiqué par les nazis
comme une « réaction » à la politique internationale (notamment face à l'Angleterre),
Hitler utilisant la population juive comme « cible » et explication de ce qui se déroule dans
le monde.
« Hitler a trouvé sa clé d'explication dans les Juifs. Le vrai problème qui provoquait
la fureur d'Hitler n'était pas les Juifs en tant que tels mais ce grand mouvement mondial
qui menaçait de détruire l'identité allemande. Hitler était naturellement un nationaliste ;
il n'était pas seulement un antimarxiste. C'était un nationaliste radical antimarxiste.
Chacun sait son succès. Mais ce régime national-socialiste était une opposition imitative.
Le marxisme était vraiment l'ennemi. L'antibolchevisme n'était pas, comme certains
le pensent, un simple thème rhétorique, une façon de parler.
Mon opinion est que
l'antibolchevisme était authentique, que c'était quelque chose d'essentiel, d'originel
dans le national-socialisme, pour plusieurs raisons. Hitler était raciste, naturellement,
parce qu'il était un nationaliste extrémisé. Il croyait que l'Allemagne était menacée
par ce courant international. Il voulait défendre la nation allemande mais
il ne pouvait faire cela sans développer un certain internationalisme lui-même.
C'est cette imitation qui fait du nazisme quelque chose de similaire au phénomène originel (...).
Ma thèse est que Maurras, pour ainsi dire, était un Hitler plus profond et
moins unilatéral. Maurras voit les Juifs, les étrangers, les protestants etc.,
comme une troupe d'ennemis. » (Un entretien avec Ernst Nolte).
Fascisme et libéralisme
Mais Nolte va plus loins : analysant le fascisme italien, le
nazisme allemand et l'Action française, Nolte explique finalement que
le fascisme est un mouvement anti-communiste prenant la direction
d'un mouvement contre la « modernité »; il considère même que l'Action française était la « thèse »,
le fascisme italien l'« antithèse » et le nazisme la « synthèse » des deux précédents mouvements
fascistes.
L'anti-communisme n'est que l'aspect politique; sur le plan sociologique le fascisme
se veut « anti-bourgeois » et utilisant le terme de « métapolitique »
largement employé par les néo-fascistes par la suite, pour expliquer que
le fascisme est une philosophie contre la « transcendance. »
Nolte résume tout au libéralisme,
dont il est un grand défenseur, par exemple en s'opposant à une répression plus grande en
Allemagne contre les négationnistes, et en même temps une théorie l'ayant amené à
devenir une grande référence pour l'extrême-droite.
« A mes yeux la tâche politique majeure de l'époque actuelle est de réintégrer d
ans le système la droite et la gauche. Sous le signe de la Première Guerre mondiale
elles avaient évolué vers une forme d'autonomie d'un activisme extrême,
pour aboutir à des États totalitaires à parti unique ; après les lourdes
épreuves qu'elles ont subies au cours de ce siècle, et bien qu'elles aient
changé une nouvelle fois, elles demeurent des réalités nettement identifiables,
il faut les réintégrer dans le système (...).
Ce n'est pas le totalitarisme d'un nouveau fascisme ou d'un nouveau bolchevisme qui
représente aujourd'hui un réel danger, mais le totalitarisme d'un genre tout
différent, celui d'un système libéral totalement débridé que l'on ferait mieux
d'appeler « libérisme » car il s'est libéré de tous les contrepoids auxquels il
devait jusqu'ici sa signification et son importance. » (Entretien à la Nouvelle revue certitudes).
Nolte contribue largement à l'entreprise visant à « déculpabiliser »
l'Allemagne vis-à-vis du nazisme, et ses thèses sont devenues une cible générale
de la part des antifascistes.
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