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Pour l'extrême-droite raciste qui fantasme sur le passé et est marquée par le culte de la « nostalgie », les symboles
de la mythologie nordique sont très importants. Ils ont en effet comme fonction de mettre en valeur un prétendu « patrimoine commun »,
voire une sorte de religion raciale.
Pour cette raison, la mythologie nordique et ses symboles sont trafiqués, modifiés, falsifiés, afin de correspondre aux valeurs nazies.
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Un excellent exemple consiste en les dieux du panthéon nordique et germanique. Il n'existe plus rien de l'époque où ces dieux étaient vénérés par des peuplades germaniques. La seule connaissance que nous en avons provient de l'auteur chrétien islandais Snorri Sturluson, qui a retracé ce panthéon au 13ème siècle, deux cent ans après la conversion de son pays au christianisme.
Il n'y a donc aucune réelle connaissance scientifique de la religion des peuplades germaniques de l'antiquité. À ce niveau, l'universitaire français Georges Dumézil a joué un grand rôle. Ami de différents auteurs nationalistes dans les années 1920-1930, il ne s'est pas lancé dans la politique mais a développé toute une théorie célébrée en France sur les Indo-européens. Ces derniers auraient tous le même « schéma mental » et diviserait la société en trois catégories de personnes (les « trois fonctions ») : les prêtres, les guerriers, les producteurs.
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La culture « nordique » ou « germanique » de l'extrême-droite relève donc du mythe. On peut le voir également avec l'alphabet germanique, les runes. Les lettres de l'alphabet runique ou Futhark sont également des symboles, qui ont une importance plus ou moins magique. La lettre « i », par exemple, appelé « Isaz », symbolise la glace, le froid et le malheur.
Les nazis ont largement puisé dans cet alphabet pour leur symbolique.
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Mais le nazis ne font pas seulement référence au Futhark historique : ils ajoutent un autre système, le « futhark armaniste ». Ce futhark a été inventé par Guido von List (1848-1919), qui prétendait qu'il s'agissait du seul vrai futhark, en provenance de l'Atlantide peuplée d'aryens étant eux-mêmes les descendants du dieu nordique Odin, etc.
Après la première guerre mondiale, la « Société Thulé » reprendra ce thème en Allemagne et jouera un rôle important dans la formation de l'idéologie nazie.
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L'armanisme est le nom donné par Guido Von List à sa religion occultiste, qui fait des Aryens la race supérieure. Von List est sans doute le premier à mettre en avant la croix gammée comme symbole raciste.
La croix gammée est en effet un symbole en Inde, mais également dans d'autres pays d'Europe où elle symbolise la chance. Il existait des publicités pour Coca-Cola avec la croix gammée, l'aviation finlandaise l'utilisait à ses débuts, la bière danoise Carlsberg aussi, etc.
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Aujourd'hui, parmi les théoriciens français d'un nouveau paganisme on trouve Christian Bouchet ou Alain de Benoist. Ils cultivent la mise en valeur d'un passé avec lequel il faudrait « reprendre contact », pour être « vraiment soi-même » (en tant que blanc, européen, etc.).
Alain de Benoist a par exemple écrit un petit livre pour fêter Noël... sur le mode païen.
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L'aboutissement de tout ce fatras néo-païen est le soleil noir. Il ne s'agit aucunement d'un symbole nordique, mais d'un symbole inventé par l'extrême-droite, tout comme le pseudo alphabet runique de Guido Von List.
Le soleil noir a été inventé par les SS, qui en ont fait leur marque, et que l'on retrouve sur le sol de leur quartier général dans un château de la Renaissance appelé Wewelsburg. Le château devait devenir en 20 ans le « centre du monde », c'était la « place forte magique » des SS qui s'imaginaient former une élite « raciale » et religieuse, dans un grand délire occultiste pour en arriver au « corps glorieux de l'homme dieu germanique ».
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Grâce à ces éléments on peut distinguer ce qui est culturel, de ce qui ne l'est pas.
Ainsi une association prétendument apolitique comme « Soleil noir » en Suisse expliquait au sujet de son symbole que : « Les 12 rayons forment 12 runes "Sowilo" (dans l'ancien futhark), "Sol" (futhark récent) ou "Sig" (futhark armaniste), les runes étant les anciennes lettres de l'alphabet (futhark) germanique. »
Mais ni le « soleil noir », ni le « futhark armaniste » n'ont quelque chose à voir avec la culture historique des germains et des vikings...
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