Dans les grandes métropoles américaines, aussi bien sur la côte Ouest que sur la côte Est, les communautés juives mettent un point d’honneur à perpétuer une tradition « ancestrale » à Noël : aller au cinéma et manger au restaurant chinois !
Au-delà du dilemme entre aller au cinéma d’abord ou aller manger chinois d’abord (ce qui dépend des coutumes locales suivant les quartiers ou les villes), cette « tradition » en dit long sur le rapport des personnes juives à la culture américaine dominante.
En effet, il y a ici un élément de compréhension sur comment l’immigration juive s’est intégrée culturellement aux USA : Christmas est une fête nationale donc il convient de « marquer le coup », mais sans toutefois se nier et s’effacer.
Cette « tradition » juive américaine est certainement vieille de plusieurs dizaines d’années, puisque l’humoriste Jerry Seinfeld y faisait déjà référence au début des années 1990 comme étant une coutume établie et connue même de personnes non-juives.
Mais pourquoi le restaurant chinois, au juste ? Déjà parce que ces restaurants sont souvent ouverts à Noël puisqu’ils ne célèbrent pas cette fête.
Sans doute aussi qu’il s’agit, par la nourriture d’une autre minorité nationale, de contourner un certain « blocage » concernant les plats traditionnels dominants, considérés comme encore moins Kasher que la cuisine chinois, qui est assez souvent végétarienne (voire végane).
C’est le même ressort culturel qui fait que, ici en France, des personnes ne mangeant pourtant pas Kasher se refusent catégoriquement à goûter au cadavre de cochon.
Enfin, il faut également savoir que cela fait certainement depuis les années 1950 que les communautés juives des métropoles américaines sont très friandes de cuisine chinoise.
Pourquoi ? Difficile à expliquer, mais sans doute que les juifs américains se sentent plus « chez eux » dans une autre minorité nationale plutôt que dans la culture nationale-bourgeoise américaine dominée par les standards « White Anglo-Saxon Protestant » (WASP). Il peut exister dans une certaine mesure le même phénomène en France… mais c’est une autre histoire.















